Les Rencontres Chorégraphiques de Carthage 2006

Les Rencontres Chorégraphiques de Carthage sont parvenues à un objectif, elles existent. Ce n’est pas un  résultat négligeable. D’abord parce que la pérennité de cette aventure n’était pas garantie qui supposait qu’existe un public tunisois pour une forme artistique réputée difficile, ensuite parce qu’il fallait que les artistes de toutes origines que nous souhaitions voir se rencontrer acceptent les conditions parfois précaires que nous leur proposions.

Les Rencontres Chorégraphiques de Carthage ont fait de cette fragilité première une force qui a permis d’atteindre cette 5ème édition. Nos amis chorégraphes et danseurs ne viennent pas faire un spectacle de plus. Nos partenaires  n’aident pas une manifestation de plus. Ce Festival qui est d’abord une histoire collective, n’a de sens que comme rencontre. Il a permis la rencontre entre la danse contemporaine et le public tunisien, mais aussi à des danseurs tunisiens de travailler avec des chorégraphes d’autres pays, à des artistes de continents séparés d’échanger et de créer ensemble, à des projets de naître qui mélangent les contrées, les cultures, les habitudes. L’ambition initiale était simplement de montrer de la danse à ceux qui ne la voyaient pas, le résultat va un au-delà de. Qui s’en plaindrait ?

Le projet de l’édition 2006 est né des nombreuses questions que se posent les artistes qui ont participé aux éditions précédentes. Pendant les de débats, souvent, est revenu la question de l’identité. Comment peut-on parler à tous sans cesser d’être soi-même ? Comment utiliser une forme comprise dans le monde entier sans oublier ses racines ? Cette question qui nourrit aussi le débat sur la mondialisation prend en matière de danse une forme particulière, mais il existe beaucoup plus de relations que ce que l’on croit entre les danses dites traditionnelles et les créations des artistes contemporains.

En huit journées, la danse contemporaine va à la rencontre du répertoire traditionnel et ethnique. A chaque fois, à une de ces formes répondra la lecture parfois iconoclaste d’une création d’aujourd’hui. Au hiératisme japonais qu’évoque le butô, l’ironie des haïkus de la portugaise Sonia Baptista, au kathak d’Isabelle Anna, les danses orientales de Heifa Bouzouita et Nadia Saïji, car il ne faut s’interdire aucun croisement, et pour cela, il nous faut explorer toutes les possibilités pour entendre la diversité du monde.

Laissez votre pensée